Il est souvent difficile de faire balader sa réflexion dans les sentiers du sujet de l’amour, il suscite tant d’émotions et d’expériences si personnelles et profondes pour tout un chacun, que projeter ses propres idées sur la réalité de l’amour sera forcément une tentative vouée à l’échec avec, de facto, autant d’omissions. Sans volonté de dénigrer l’expérience de tout lecteur mais avec l’ambition de sortir quand même des sentiers battus, je ne criblerai pas ma réflexion de points de morales mais je me suffirait à donner une ou plutôt ma perception sur l’amour.

L’amour est 3 choses

L’amour est beaucoup de choses. Il est à la fois la manifestation du sentiment au croisement des émotions parfois opposés comme le désir et la peur, il est l’acte physique et charnel et il est une relation, et pas n’importe laquelle, puisqu’elle est un des plus redoutées mais aussi des plus convoitées, celle qui fait la frustration et la joie de plus d’un.

Dans les contradictions naissent la dualité

La contradiction des émotions caractérisant ce sentiment complexe qu’est l’amour vient du fait de sa dualité. Entre peur d’être abandonné et désir de ne pas être pris pour acquis, réside un jeu de vagues et de marées tantôt nous envoyant vers les bras de l’autre tantôt nous repoussant loin da sa compagnie. Assurance absolue et risque zéro d’être abandonné rime obligatoirement avec prise pour acquis de l’autre, donc structurellement ce besoin de sécurité enfouie en nous n’est pas compatible avec notre volonté d’être désiré et de désirer, dès lors que le désir est bâti sur l’aléatoire, sur l’effort constant et surtout sur le risque de perte. Le mécanisme psychologique est complexe, difficile à appréhender, voir pervers dans son fond, mais qui pense que l’amour est si rationnel se verra toujours bloqué dans une facette ou de l’autre d’une monnaie aussi duale que celle de l’amour, et que dont la seule valeur est bâtie sur cette équilibre gravitationnel dans la relation, et qui émane de la volonté des deux personnes à faire agiter ce cocktail invisible, délicat et explosif qu’est l’amour.

Plus qu’une affaire d’un soir

Le besoin bestial, plus poétiquement décrit comme le désir charnel, intégrant tant bien que mal la tendresse dans sa pratique, reste quant à lui irrigué par des racines hormonales et naturelles inscrites en nous en tant qu’êtres sélectionnés naturellement par notre intelligence et notre capacité à se reprocréer. Parenthèse darwinienne fermée, par cette assertion je ne cherche nullement à regarder de haut cet aspect en nous, au contraire, je cherche à le séparer du sentiment de l’amour, sans pour autant l’isoler. Autrement, je cherche à préciser que la quête vers l’amour, le sentiment, ne doit pas reposer forcément que sur le désir de faire l’amour, l’acte, car l’amour, la relation, bien que composé des deux, se travaille sur la durée et pas qu’au bout de quelques minutes charnelles pour s’estomper au déclin d’hormones nocturnes.

la relation amoureuse au delà de la dualité de l’amour

La relation amoureuse, là encore l’ensemble qui englobe le tout, doit reposer sur un socle plus solide et pérenne, mieux encore sur un socle sain. A mon avis, cela doit reposer sur deux piliers formé par la responsabilité et la communication. La responsabilité à l’égard de l’autre, ne pas engager les émotions d’autrui au simple désir ou peur de notre propre personne. Autant être honnête sur nos chances de succès dans la relation plutôt que de vouloir s’effacer devant l’autre ou de profiter de l’autre tout simplement, car ce qui n’est pas dit au début va être crié à la fin, ce qui est apprécié avec du faux semblant au début risque de faire couler des larmes acides à la fin. Responsabilité envers autrui, engage aussi communication avec l’autre pour une reconciliation avec soi. Communiquer ses besoins, ses vrais désirs, ses vrais peurs à autrui n’est jamais une faiblesse ou une bifurcation vers la voie des problèmes. Beaucoup de solutions se trouvent à mi-chemin de l’empathie et du respect, l’indolence et la fuite en avant ne sont jamais des chemins avisés dans les affaires de l’amour. L’authenticité par contre, s’assumer face à l’autre, avec nos déficits et notre vraie personne, est un gage plus sérieux et responsable, capable de nous faire bâtir une relation saine pouvant naviguer contre vents et marées dans la mer parfois tumultueuse de l’amour.